19 septembre 2007

La religion grecque antique

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A nos yeux, la religion grecque se résumait à un panthéon de dieux dirigés par Zeus, qui logeaient sur le Mont Olympe et qui étaient secondés par des centaures et des nymphes. Nous avons donc une image très « fantasiesque » (Cf. Walt Disney) de ce qu’était la religion grecque. Ce n’est finalement qu’en étudiant précisément l’histoire antique (de la fin du Ve à la fin du IVe siècle avant JC) que j’ai réellement connu la civilisation grecque, et que j’ai laissé de côté mes préjugés qui n’étaient en réalité que des anachronismes. Qui envisage actuellement sans difficulté une religion sans dogme ou Eglise, sans prophète ni livre sacré ? Pourtant, ce n’est qu’en acceptant qu’une croyance puisse se comprendre sans ces « artifices » qu’il est possible d’envisager la religion grecque.

L’attitude religieuse de l’homme grec répondait à deux caractéristiques principales qui se rejoignent : d’abord, l’expérience du sacré était diffuse. Elle s’étendait aux temps et aux lieux de la vie quotidienne grecque, comme par exemple le foyer familial, où un feu protecteur dédié à Hestia brûlait en permanence. Ensuite, il existait un véritable rapport de familiarité entre l’homme grec et les dieux, ces derniers marquant chaque moment de l’existence du Grec. En conséquence, il est presque impossible d’envisager que l’homme grec puisse ne pas croire dans ses dieux, car ce serait, pour lui, une négation d’une grande partie de sa vie quotidienne.

Mais l’intérêt de cette analyse est de montrer que, contrairement à ce que l’on pourrait croire aux vus de ces deux caractéristiques, l’expérience du sacré était omniprésente dans l’existence du Grec et était en même temps « légère », non oppressive psychologiquement et socialement.

Nous commencerons par présenter ce que la religion grecque n’était pas, puis sa réalité ; ensuite, nous constaterons les lacunes de la religion homérique et les conséquences qui en résultèrent : l’apparition des sectes et des mystères ; enfin, nous exposerons la crise de la croyance dans le mythe qui apparut dès le VIe siècle avant JC et les réactions de la cité.

Comme nous l’avons déjà vu, la religion grecque, polythéiste, ne répondait d’aucun dogme ou Eglise. Il n’y avait aucune révélation, prophète, livre sacré ou caste sacerdotale. Le silence était également fait sur la création du monde et des hommes : la cohabitation entre les dieux et les hommes durait depuis toujours, et ne devait pas donner lieu à des questions inutiles. A ce stade de constatation, il semble donc difficile de parler d’une « religion » des Grecs comme nous l’entendons aux vus des religions monothéistes actuelles. Mais alors, en quoi consiste cette religion grecque ?

Le noyau de la religion grecque était l’observance des cultes et des rites. Cependant, si la crainte du courroux des dieux était réelle, l’observance scrupuleuse n’était pas une obsession. Cf. Hérodote rapporte une anecdote au sujet du retour du tyran Pisistrate à Athènes après son exil (vers -554) avec une jeune fille déguisée en Athéna. L’objectif était de faire croire aux Athéniens que le retour de Pisistrate était la volonté de la déesse poliade. Cet événement prouve la familiarité des Grecs avec les dieux et le peu de crainte de commettre un sacrilège en utilisant l’image de la déesse pour une tromperie.

Cependant, pour les Grecs, l’intervention des puissances surnaturelles pouvait bel et bien être perturbatrice et destructrice. Il s’agissait donc de conjurer la violence négative par un rite propitiatoire (en général une offrande votive accompagnée d’invocations et de prières, et surtout d’un sacrifice animal qui doit se dérouler dans les règles). Le rite assurait la bonne marche des relations entre les hommes et le sacré, car la vengeance divine sur un coupable pouvait se répandre sur l’ensemble de la communauté et sur la descendance du contaminé : ce dernier était atteint de miasma, i.e. souillure, et était banni ou purifié par une ablution dans l’eau. Ce fut le cas des membres de la famille des Alcméonides (lignée de Clisthène, Périclès et Alcibiade), qui mirent à mort le tyran Cylon en -632 alors que celui-ci s’était réfugié sur l’Acropole, un espace sacré. Ils commirent donc un sacrilège qui entacha la réputation tant de Clisthène que de Périclès et Alcibiade, les trois plus grands personnages politiques athéniens. 

La religiosité grecque était le produit de la poésie épique (comme l’Iliade d’Homère et la Théogonie d’Hésiode). L’épopée avait pour toile de fond les récits mythiques traditionnels sur les divinités et formait l’ensemble du savoir social sur les dieux. C’était grâce à l’épopée que l’aristocratie grecque se célèbreait : la religiosité grecque était ainsi un polythéisme anthropomorphique, car le seuil qui distinguait dieux et héros aristocratiques était franchi grâce à la généalogie (qui garantissait aux héros une parentèle divine, par exemple Thésée, fondateur mythique d’Athènes et père de l’aristocratie de la cité, était considéré comme un descendant de Poséidon ou d’Egée selon les versions), et les relations constantes entre héros et dieux.  En résultait un enchevêtrement entre le monde des dieux et le monde des hommes. Les divinités se voyaient attribuer des traits spécifiquement humains (blessure, amour, jalousie…) et n’étaient pas omniscients. Ils restaient cependant les plus forts, avaient de multiples pouvoirs signalés par les épiclèses : Zeus est Zeus des serments, Zeus des frontières, Zeus des protecteurs et des suppliants…mais chacun gardait son unité essentielle. En conservant l’exemple de Zeus, ce dernier était le principe de la souveraineté légale et le garant universel de l’ordre du monde. Le panthéon grec comptait douze grands dieux (Zeus, Héra, Apollon, Artémis, Aphrodite, Déméter, Héphaïstos, Poséidon, Hermès, Arès, Dionysos et Athéna) auxquels s’ajoutèrent d’autres divinités à l’époque classique (Eirènè, la Paix, Dikè la Justice, Amon ou Isis par syncrétisme). Toutes étaient intégrées à la sphère de la polis, protègent les guerres, les promulgations de lois, les actes de mariage…Les magistrats eux-mêmes (comme les archontes athéniens et les éphores spartiates) remplissent des fonctions sacrées. Il ne faut cependant pas oublier que chaque cité possédait son propre panthéon, et le plus connu (cité plus haut) est bien évidemment celui d’Athènes. En revanche, si celui des autres cités, comme celui de Sparte, était composé de personnalités différentes, il gardait toujours le même nombre de dieux.

Le sacrifice aux divinités olympiennes constituait un moment clé de ce que Platon appelait « l’amitié entre les hommes et les dieux ». La fracture entre les deux mondes provoquée par la ruse du titan Prométhée (qui trompa Zeus en lui proposant les os enrobés de graisse, et favorisa les hommes en leur laissant la viande comestible) n’était pas effacée par le sacrifice mais était harmonieusement recomposée. Le sacrifice était suivi du banquet collectif, auquel participaient tous les citoyens. Les parts de viande étaient distribuées le plus souvent selon le respect de la hiérarchie sociale (les meilleurs morceaux étaient réservés aux plus hauts placés), mais la distribution pouvait aussi être déterminée par tirage au sort, selon la logique démocratique athénienne. Le rite sacrificiel se déroulait dans le cadre d’une fête, comme les Panathénées athéniennes qui autocélébraient le corps social par une procession où étaient représentés tous les membres de la société athénienne (même les exclus comme les femmes ou les métèques). Platon parlait d’ « intervalles de repos » pour qualifier ces fêtes… cent jours par an y étaient consacrés dans l’Athènes du Ve siècle. Les sacrifices dédiés aux divinités chtoniennes, liées au monde des morts, étaient différents : ils étaient réalisés à même le sol et se terminaient par holocauste complet (il n’y avait donc pas de banquet). Il s’agit d’un versant obscur du rite sacrificiel, sur lequel nous savons peu de chose, ce qui indique l’ombre jetée sur des problèmes existentiels liés à la mort.

La religion grecque avait donc des lacunes, et cela a eu des conséquences : les Grecs n’ont jamais construit aucun temple, ni rendu aucun culte à Hadès, dieu des Enfers et des morts. C’était là la grande limite de cette religiosité publique, sociale, communautaire qu’était la religion olympienne. Pour répondre à ces questions existentielles est apparue une expérience religieuse différente : le mystère. Ces pratiques secrètes (de mustèria, i.e. secret) étaient ouvertes à chaque citoyen mais aussi aux exclus de la polis comme les femmes, les esclaves et les étrangers. Leur but était de permettre l’espérance d’un salut et d’une délivrance de la mort – c’est le cas des mystères d’Eleusis qui faisaient clairement référence à la succession de morts et des renaissances du cycle végétal en célébrant Déméter et sa fille Koré la Verdoyante (enlevée par Hadès, et qui devenait Perséphone à certaines périodes de l’année). Ces mystères étaient dirigés et protégés par la cité car ils représentaient un complément nécessaire aux cultes publics. Il en fut autrement pour les sectes savantes et religieuses.

Il existait trois sectes principales :

* le mouvement orphique qui concernait les exclus de la polis (femmes, étrangers, communautés périphériques, intellectuels marginalisés...). Il s’agissait d’une alternative radicale à la religiosité olympienne de la cité, considérée comme violente, prônant l’exclusion et l’oppression. Son but était de permettre à l’homme de purifier son âme et son corps de plusieurs fautes. D’abord une faute originelle : les hommes seraient nés de la poussière des Titans foudroyés après avoir dévorés Dionysos (selon un mythe orphique, Dionysos aurait été dévoré par les Titans). Ensuite, une faute commise par une âme immortelle placée dans le corps mortel pour l’expier (un meurtre, un parjure). Enfin, la faute de sang qu’était le sacrifice. L’homme était puni de cette triple faute par l’angoisse qui accompagnait l’attente de la mort. Pour se purifier, l’orphisme prônait une vie ascétique, un renoncement à l’alimentation carnée, l’abstinence sexuelle…et s’en remettait à Apollon Kathartès, le « purificateur ».

* le mouvement dionysiaque ou bachique était contraire au mouvement orphique puisqu’il endossait un caractère libératoire et effréné, mais il était lui aussi en protestation contre la cité.

* le mouvement pythagoricien qui développait la conception orphique du salut et croyait en une réincarnation de l’âme jusqu’à sa purification complète pour qu’elle retourne au divin. Perduraient les renoncements et abstinences, mais s’ajoutait la consécration totale au savoir théorique (mathématiques, géométrie, philosophie…).

L’existence de ces sectes contestataires indique une certaine « crise de la croyance » qui résultait d’une tension de plus en plus grande entre la rationalité politique et philosophique et l’univers du mythe. Par exemple, dès le VIe siècle, Xénophane adoptait un ton critique vis-à-vis de l’anthropomorphisme mythique de la tradition homérique. Pour les Grecs, les dieux avaient l’apparence des hommes, mais selon lui, si les chevaux savaient dessiner, ils représenteraient des dieux ayant l’allure de chevaux.

La pensée philosophique a expliqué ce bagage mythique traditionnel, qui tombait progressivement en désuétude :

- La première explication serait de type politique : ces dieux auraient été inventés pour inculquer le respect de la loi et provoquer une crainte de la punition divine aux simples d’esprit.

- La seconde explication aurait été son interprétation allégorique : le mythe exprimerait une vérité philosophique sous couvert de poésie toujours pour les simples d’esprit (par exemple, le char d’Apollon = course du soleil).

Pour les philosophes, la religion mythologique était néfaste et la cité devait fonder ses institutions sur une nouvelle théologie dominée par la divinité des astres et la providence divine qui garantit l’ordre du cosmos.

Mais pour défendre sa religion olympienne, la polis a réagi :

-          elle a intégré les cultes dionysiaques au sein de la religion civique ;

-          elle a rejeté les initiés orphiques ;

-          elle a chassé les pythagoriciens lors de pogroms sanglants comme à Crotone en 450, où ils voulaient imposer un régime politique.

En général, la polis était cependant assez tolérante envers les pratiques religieuses et il n’y a jamais eu de persécutions d’hérétiques.

Pourtant, on note deux exceptions : Anaxagore en 440, qui considérait le Soleil, figure apollinienne par excellence, comme un agrégat de matière incandescentes mais qui était surtout proche de Périclès), et qui fut exilé.

                                                                                   Socrate en 399 à Athènes qui fut accusé de corrompre la jeunesse athénienne en important de nouveaux dieux comme son daemon et qui était surtout proche de Critias, meneur du coup d’Etat de 404. Il sera condamné à mort.

La condamnation était donc plus de nature politique que religieuse.

En conclusion, être croyant en Grèce, c’était être un bon citoyen. Pour cette raison, la polis se réservait le droit de légiférer sur la composition de son propre panthéon (Athènes autorisa l’admission d’Asclépios en 420). La religion était aussi le moyen d’unir le monde grec tout entier (amphictyonies, Jeux Olympiques…) Accepter la religion olympienne, ce n’était donc pas seulement être un bon citoyen, mais c’était aussi être Grec. 

Posté par Didice à 15:13 - - Commentaires [12] - Permalien [#]


Commentaires sur La religion grecque antique

    bonjour je suis une petite fille de 6eme et je voulais juste dire que votre site ma été trés utile pour mon exposé
    merci
    Tiphaine

    Posté par Tiphaine, 04 mars 2008 à 18:57 | | Répondre
  • religion

    merci pour ce bel exposé qui m'a rappelé des lectures assez récentes que je peux encore consulter dans ma bibliothèque...personne ne se bat pour les emprunter ! Et en plus, je viens de m'apercevoir que j'étais Pythagoricienne ! N'est-ce pas étonnant ?
    Ai-je déjà vécu en Grèce ?
    En tous cas je garde un souvenir extraordinaire de notre passage en bateau sur le canal ce Corinthe !
    A bientôt. M.L.

    Posté par mère grand, 19 septembre 2007 à 19:42 | | Répondre
  • Quelle chance vous avez eu d'aller en Grèce ! Je rêve de faire une croisière sur la mer Egée, de visiter ses îles et de m'arrêter dans l'Attique et le Péloponnèse...un jour peut-être...

    Posté par Didice, 19 septembre 2007 à 20:48 | | Répondre
  • Coucou! va voir là,cela peut t'intéresser!:
    http://fromageplus.hautetfort.com/
    Ton article je le lirai demain, je vais me coucher.

    Posté par tontonono, 20 septembre 2007 à 22:17 | | Répondre
  • Bonsoir ma Didice. Eh bien, c'est bien et le résumé d'un domaine qui m'a toujours paru confus s'éclaire pour moi!Cependant quand tu dis: "contrairement à ce que l’on pourrait croire aux vus de ces deux caractéristiques, l’expérience du sacré était omniprésente dans l’existence du Grec", en parlant de "l’expérience du sacré[qui] était diffuse, et qu' "il existait un véritable rapport de familiarité entre l’homme grec et les dieux", je pense que jusqu'à un passé récent, dans les familles catholiques pratiquantes, et par extension, en remontant au début du siècle et à fortiori à ceux qui ont précédé en l'étendant à une grande majorité de la population, les pratiques de signes, rituels, comportements et dires religieux qui accompagnaient la vie quotidienne étaient nombreux dans notre pays. Les actes de dévotions, non pas aux dieux mais par exemple aux saints, et ceux dédiés à une espérance de résultats comme les bonnes récoltes ou l' amélioration de la santé physique étaient journaliers et viraient parfois au syncrétisme, voir au paganisme, au point que l'autorité religieuse même s'en inquiétait . Nos pratiques, même si elles avaient tendance à êtres "normalisées","encadrées" par des autorités délégant un modus operandi en se fiant à une éxégèse des textes, n 'étaient qu'une aspiration à une assurance de rythme,de tranquilité dans l'organisation de la vie de tout les jours où ,il faut le rappeler, le vital était la préoccupation de tout instant, ce qui n'est plus le cas à présent. je pense que nous rejoignons ce peuple en celà.Ceci étant, il serait bigrement intéressant de retrouver des études comparatives qui ont été faites sur les pratiques rituelles religieuses quotidiennes de différentes religion antiques avec celles pratiquées actuellement dans le monde.

    Posté par tontonono, 21 septembre 2007 à 21:51 | | Répondre
  • ps. et la fac, alors, raconte!

    Posté par tontonono, 21 septembre 2007 à 22:19 | | Répondre
  • Tu as parfaitement raison, et c'est vrai qu'il serait très intéressant de trouver ces études religieuses comparatives, à différentes échelles temporelles. D'ailleurs, ton commentaire me fait penser à quelque chose que j'ai remarqué récemment : je me surprends à ne pas vouloir laisser du pain entamé sur la table après manger. Je me suis demandé pourquoi cette manie (qui ne pouvait être, je te l'accorde, qu'une lubie due à ma psychomaniaquerie), et j'ai finalement trouvé une explication pseudo-religieuse. Il semble que depuis bien longtemps, jamais un membre d'une famille chrétienne refusait de finir son pain : en tant que corps du Christ, il devait être ingéré en totalité, comme une communion quotidienne de l'homme. Bon, je ne sais pas si c'est vraiment le raisonnement inconscient que j'ai quand je boulotte tous les bouts de pain qui traînent (j'aime bien ça je l'avoue), mais ça m'a permis de constater qu'il n'y avait pas qu'en Grèce que la religion s'immiscait dans des petits détails de la vie quotidienne, et que ça doit encore durer dans certaines familles très croyantes et très pratiquantes !

    PS : la fac se passe bien, les cours sont intéressants, et je suis en train de les apprendre...et oui, je commence tout de suite, j'ai pas envie que ça s'accumule. En tout cas, tous les étudiants sont très sympas et on a été accueilli à bras ouverts !

    Posté par Didice, 22 septembre 2007 à 09:21 | | Répondre
  • OUI, le pain c'est sacré !
    Et depuis qu'on a eu tellement faim poendant la guerre, on ne peut plus jeter un bout de pain ! C'est devenu un sacrilège, mais seulement pour ceux qui ont eu faim ! les autres le donnent aux poules.
    Mais du point religieux, vous avez parfaitement raison ! De même..on vide son verre jusqu'au bout...mais c'est plus pour ne pas en laisser perdre,la religion n'a rien à voir là-dedans!
    Contente que vous soyez bien accueillie à la FAC.
    J'espère qu'on en profitera un peu dans votre Blog ?
    Bon courage M.L.

    P.S. Ce qui m'a stupéfiée en Grèce, c'est qu'ils ont réussi à faire une République en rassemblant les quelques centaines d'iles grecques sous la même banière !

    Posté par mère grand, 22 septembre 2007 à 12:07 | | Répondre
  • J'ai plein de choses à vous dire mère grand !

    D'abord, j'ai bien reçu votre lettre ce matin, et elle m'a fait très très plaisir !! Je vais d'ailleurs y répondre dans quelques instants (après avoir terminé d'apprendre mon cours d'histoire de l'urbanisation).
    J'essaierai de faire mon possible pour vous faire partager ce que j'apprends tous les jours, j'ai quand même des profs d'un niveau conséquent qui vont sans doute m'en apprendre encore de belles !
    Enfin, concernant votre PS, je ne sais pas si vous voulez parler de la Grèce antique ou actuelle. S'il s'agit de la Grèce antique, je vais vous en parler un peu. La Grèce n'était pas, dans l'Antiquité, une République unifiée. Chaque cité avait son propre mode de fonctionnement : Athènes, par exemple, était une démocratie, Sparte, en revanche, une oligarchie, et la Macédoine (qui est parfois comprise et d'autres fois non dans les territoires grecs) une monarchie. Même les îles étaient indépendantes. Cependant, Athènes a, dès la fin des Guerres médiques (contre les Perses), en 479, pris un poids immense en Grèce. Très rapidement par la suite a d'ailleurs été créée une ligue pour unifier les différents territoires grecs face à la menace perse, la Ligue de Délos : mais ce n'était qu'une union défensive. Pourtant, petit à petit, Athènes prit la tête de la Ligue, et prit également de plus en plus d'initatives, pillant les autres territoires membres de la ligue par des ponctions écrasantes, et envahissant les îles, justement (comme l'île de Skyros, de Thasos...) afin de les soumettre à leur hégémonie. Progressivement donc, Athènes s'est forgée un empire, très vite mis à mal par les Spartiates qui voyaient d'un mauvais oeil l'expansion athénienne. C'est ce qui a provoqué la guerre du Péloponnèse. Ainsi, le rassemblement de ces îles n'était pas le fait d'une république, mais bel et bien d'un empire (archè en grec, et on parle d'archè athénien)...qui s'est terminé par la défaite athénienne de la Guerre du Péloponnèse en 404 avant J.C. Au Ve siècle av. J.C. donc, la tentative de rallier l'ensemble des îles sous une même banière (athénienne), ainsi que l'ensemble des cités grecques, s'est soldée par un échec. La Grèce de l'époque était loin d'être ce qu'elle est aujourd'hui !
    Voilà, même si vous vouliez parler de la Grèce actuelle (qui d'ailleurs a bien fait de s'octroyer toutes ces îles, quelle manne touristique ! C'est tellement beau !), ça m'a permis de faire un petit point rapide sur l'archè athénien.

    Posté par Didice, 22 septembre 2007 à 18:22 | | Répondre
  • Eh bien ! Si je m'attendais à un vrai cours d'histoire ce matin ! Ceci est vraiment très intéressant, je vais l'imprimer ! Non, ce que je volais dire, c'est que toutes ces iles, autrefois reliées par bateaux ( je parle de la Grèce de 1800 environ...) ont été unies dans un même gouvernement central, et qu'aucune, je pense ) ne s'est retournée devant les ordres de la Capitale...mais sans doute, je m'exprime mal. Ah ! je n'ai pas étudié beaucoup, mais comme les voyages forment la jeunesse, ce sont les Guides de Voyages qui m'apprennent ! C'est assez fantaisiste.
    Mille mercis. M.L.

    Posté par mère grand, 23 septembre 2007 à 09:51 | | Répondre
  • C'est beau la Grèce

    Bonjour, votre article est passionnant, je vais en parler à une blogueuse amie (silvi) qui a eu la chance d'aller en Grèce. Connaissez-vous la légende de Cassandre ? punie par Apollon et condammée à prédire l'avenir (la guerre de Troie) sans que les hommes puissent la croire.

    Posté par Morgane, 29 septembre 2007 à 11:36 | | Répondre
  • Merci Morgane !
    Je m'excuse encore une fois de ne pouvoir mettre régulièrement à jour ce blog : je suis excessivement occupée par mes études, qui visent à parfaire ma culture historique...
    Bien sûr que je connais Cassandre, l'un des plus grands personnage féminin de l'Iliade d'Homère, avec Hélène et Andromaque ! Vous me faites d'ailleurs penser que je connais une merveilleuse chanson de Ronsard extraite de Amours qui aborde ce sujet. Je vous la communique dans un prochain article !

    Posté par Didice, 30 septembre 2007 à 18:58 | | Répondre
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